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Hadopi, les Témoignages...

Dans les coulisses de l'Hadopi, quelqu'un rit. C'est une magistrate, qui parcourt, une par une, les missives envoyées par les internautes pincés pour avoir «emprunté» un titre de musique ou un film d'un clic de souris. «C'est vrai, j'ai téléchargé l'épisode de cette série», commence un monsieur, dans une longue lettre. On l'imagine mortifié. «J'ai dû le faire. J'avais suivi toute la saison. J'étais mordu. Mais je n'ai pas pu voir cet épisode. Impossible de le récupérer sur le site de la chaîne» , poursuit la magistrate, lisant la lettre du repenti. «Je sais que je n'aurais pas dû. Je m'engage à ne plus recommencer. Mais, s'il vous plaît, laissez-moi télécharger encore le dernier épisode de la série» . «Beau, non ?» , tente la magistrate Mireille Imbert-Quaretta, avant de reprendre : «Le pire, c'est qu'il ne le savait pas mais on l'avait repéré pour le téléchargement illégal… d'un morceau de musique !»

Une dame, elle, a pris la peine de connaître l'objet du délit : une chanson de Yannick Noah. D'une lettre manuscrite, de pleins et déliés à l'encre, toujours selon la magistrate, elle assure alors qu'il y a méprise. «Je déteste ce chanteur. Quand il était sportif, je l'appréciais, mais ses musiques me tapent sur le système», jure l'accusée, «il est impossible que j'aie téléchargé un morceau dudit Noah. Mon mari sait combien je ne l'apprécie pas. Peut-être toutes ces fenêtres publicitaires qui traversent l'écran m'ont-elles troublée. Aurais-je cliqué sans le vouloir ?», s'interroge alors la contrevenante. Avant de reprendre, enflammée : «Ah tiens justement, revoilà une publicité pour Yannick Noah sur mon ordinateur, qui me nargue…»

Plus sobre, mais visiblement naïf, un jeune homme, jure qu'il pensait qu'à 6 heures du matin… les agents de l'Hadopi dormaient ! C'est pourquoi il avait mis son réveil, pour télécharger à l'aube, UN morceau ce jour-là, lorsque le mail de l'Hadopi s'était abattu dans sa messagerie, comme un coup de baguette sur les doigts. Il s'était cru pris sur le fait ! Là encore, les magistrats de la Commission de protection des droits s'amusent : «Notre mail concernait un fait bien antérieur, évidemment. Ils n'arrivent pas en temps réel !»

Il faut d'abord que les ayants droit repèrent la fraude, le téléchargement d'une œuvre qui porte un copyright, sans la payer. L'Hadopi avertie peut exiger alors l'identification auprès du fournisseur d'accès Internet. Qui lui répond dans les huit jours… Alors seulement, un courriel s'envole.

Certains contrevenants jurent que l'adresse Internet mise en cause n'est pas la leur… ignorant que les IP varient chez certains fournisseurs d'accès, en fonction du moment de la journée.

D'autres reconnaissent l'IP… mais tentent de dévier les soupçons ! «C'est bien mon adresse. Mais ce ne peut être moi. En revanche, j'ai bien une petite idée, de qui cela pourrait être…»

S'ensuit parfois nom, prénom adresse du voisin ! Ou encore, plus désolés, certains pointent un doigt vers la chambre des enfants ! « Je vois bien QUI dans ma famille.» «Ces réponses sont encourageantes», veulent croire les magistrats. «On ne change pas les comportements en trois mois. Mais si l'offre légale devient enfin moins chère, la majorité arrêtera probablement de télécharger illégalement. Et nous disparaîtrons d'ici à deux ans.»

Source : Le Figaro

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